En français :

 

HELP CONGO est une association créée en 1991 qui a pour but la sauvegarde et la protection des chimpanzés, de leur habitat, et de tout ce qui en assure l'équilibre. « Nous ne les sauverons pas si la forêt se meurt » aime répéter Aliette Jamart, fondatrice du projet.

 Française vivant à Pointe-Noire, Aliette Jamart commence à récupérer des jeunes orphelins à partir de 1989 : Le regard des chimpanzés prisonniers derrière leurs barreaux, dans des cages immondes, au zoo de Pointe-Noire, a achevé de bouleverser sa vie. Elle leur avait promis de les sortir de là et de leur rendre leur liberté en forêt, et elle n’a eu de cesse depuis le 28 août 1989, date de sa première visite au zoo, de tenir son engagement. 

Ces jeunes chimpanzés étaient soit saisis auprès de braconniers, sur des marchés, soit récupérés chez des particuliers qui les avaient achetés comme « animal de compagnie », soit simplement déposés devant une porte, pour s’en débarrasser. Très rapidement, Aliette Jamart est débordée : en 1991, 17 jeunes turbulents vivent chez elle !

Elle obtient l’accord du gouvernement qui lui met à disposition, dans le Parc naturel de Conkouati-Douli, 3 îles situées sur la lagune. Le transfert des chimpanzés se fait alors que le camp de vie n’est pas encore construit, et les orphelins sont placés sur les îles. (NB : Grâce à la présence de HELP, le parc deviendra Parc National en 1999.)

Le processus est en marche, et un long processus : réapprendre à vivre et à se nourrir dans la nature, à faire un nid pour se coucher, réapprendre la vie sociale avec les autres chimpanzés recueillis et former un groupe cohésif avant de retourner en forêt.

Pendant des années, Aliette Jamart remue ciel et terre pour atteindre ses objectifs. Tous les scientifiques, biologistes, primatologues et autres ne croient pas une seule seconde qu’une réintroduction de chimpanzés captifs soit possible. Elle parvient tout de même à s’entourer de spécialistes (vétérinaires, botanistes…) et étudie au mieux la forêt environnante afin d’établir un protocole de relâcher.

Le 1er relâcher se fait en 1996, puis jusqu’en 2001, 4 autres suivront. Au total, près de 100 chimpanzés ont été récupérés par HELP et 40 chimpanzés ont retrouvé la liberté…

Durant toutes ces années, le braconnage et le commerce illégal continuent et les orphelins affluent en masse, le plus souvent dans des états déplorables. Nombre d’entre eux sont morts quelques jours après leur arrivée.

Pour mener son projet à bien, Aliette Jamart a toujours su s’entourer, et a rapidement ouvert son projet aux bénévoles, afin de sensibiliser le maximum de personnes possibles à son combat.

Les bénévoles sont présents pour des durées minimales de 3 mois, mais bien sûr il n’y a pas de durée maximale ! En général, peu de personnes restent plus de 6 mois sur place mais il arrive fréquemment que des personnes reviennent quelques années plus tard.

Tous les profils de bénévoles sont acceptés, l’amour de la nature et des animaux reste un point commun entre tous, mais la plupart n’ont pas la chance de travailler avec les animaux, et profitent donc de ces séjours pour réaliser leurs rêves.

L’association vit grâce aux dons, aux partenariats (ONG, parcs zoologiques…) : alimentation et soins des chimpanzés, matériel de suivi des relâchés, entretien des voitures, rémunération des travailleurs locaux, des postes long terme (vétérinaire, manager), aménagements et travaux… la liste est longue mais les besoins de HELP sont immenses !! Et généralement, les partenariats seuls ne suffisent pas pour combler ces dépenses et le système du bénévolat et des séjours éco solidaires notamment sont une aide indispensable pour la vie de l'association. !

 Aujourd’hui, HELP CONGO possède 4 sites :

- Le centre « administratif » à Pointe Noire.

- Le camp du Sanctuaire, où se trouvent les îles sur lesquelles des groupes de chimpanzés sont encore présents, en attente d’être relâchés ou en retraite bien méritée (certains présentent des handicaps physiques, ou ont été récupérés déjà adultes et ne peuvent pas être relâchés.)

- Le camp du bivouac, nurserie située en pleine forêt : afin d’éviter le stress de l’anesthésie et du passage des îles à la forêt, les dernières rescapées (5 femelles) ont appris à grandir directement en forêt.

- Le site du triangle, site de relâcher : une partie des chimpanzés relâchés est encore suivie par radio télémétrie, ceci afin de continuer à prendre des données et montrer le succès de cette réintroduction. Alors que les mâles, minoritaires, ont beaucoup de mal à s’intégrer du fait des conflits avec les populations de chimpanzés sauvages présents sur la zone, les femelles, elles, se sont parfaitement adaptées et plusieurs de nos relâchées se sont intégrées à ces groupes de sauvages et sont devenues mères.

Depuis 2008 faute de place et pour préserver l’équilibre des groupes existants, HELP ne reçoit plus de jeunes orphelins. Il faut attendre un prochain relâcher et donc la libération d'une île pour pouvoir accueillir de nouveaux pensionnaires.

HELP CONGO travaille sur 4 grands axes :

- Protection des Primates

- Protection de leur habitat

- Sensibilisation à l’environnement

- Éco volontariat.

Au Congo, le braconnage, la chasse des espèces protégées et le commerce illégal continuent toujours. La déforestation s’aggrave et les choses ne vont pas en s’améliorant. Malgré les efforts de personnes comme Aliette Jamart, tant que la demande sera présente, le trafic ne cessera pas : les chimpanzés sont tués pour leur viande mais les mains et les pieds sont également vendus comme trophées ou comme cendriers. Dans certains pays comme aux Etats-Unis, avoir un chimpanzé comme animal de compagnie est toujours autorisé. Des prélèvements d’individus pour agrémenter le jardin zoologique privé d’un millionnaire, certains zoos ou des laboratoires de recherche, sont encore d’actualité.

La forêt quant à elle disparaît peu à peu : bois d’ouvrage, création de zones agricoles (les plantations de palmiers à huile sont en train d’arriver en force en Afrique, maintenant que l’Indonésie est dévastée…), forages pétroliers, extractions minières, constructions de routes, sont autant de facteurs entraînant une diminution massive des aires forestières. La forêt tropicale du bassin du Congo est pourtant la plus grande forêt et réserve de biodiversité après celle de l'Amazonie et est à ce titre appelée le deuxième poumon de la planète.

La perte de l’habitat se répercute sur toute la faune : la compétition entre les groupes crée des conflits souvent mortels, l’intrusion des animaux (en particulier les grands singes) dans les villages par manque d’espace et de nourriture entraîne des abattages par les villageois qui se mettent à diaboliser ces espèces…

www.help-primates.org

www.help-congo-stories.org

https://www.facebook.com/pages/HELP-Congo/29693148237?fref=ts

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Aliette Jamart témoigne :

« Une rencontre en 1989, au tournant d'une piste, avec Coucou, un chimpanzé élevé comme un enfant par son père adoptif et sa triste fin suite au décès brutal de ce papa de substitution m'ont projetée dans la chasse gardée anglophone des grands singes.

Le 28 avril 1989, Patricia me traine au zoo de Pointe-Noire et là, j'ai promis à ces chimpanzés prisonniers derrière des barreaux, dans des cages insalubres, mourant de faim et de soif, de les sortir de là. Pour moi, un animal né libre devait pouvoir se débrouiller dans le milieu naturel, la grande forêt dont je rêvais déjà.

J'ai vu arriver Karen, mandatée par Jane Goodall. J'ai connu Ian Redmond, Jean Pierre Von Der Becke du zoo de San Diego, Marc Ancrenaz, André Lucas, Jane Goodall…

J'ai en fait exécuté le projet de Karen Pack, la gamine dépêchée au Congo par Jane, en 1990. Je l'ai adapté aux conditions de terrain en suivant les conseils de JP Von Der Becke ...trouver un endroit, près d'une réserve… Site trouvé en 1991, par A. Lucas et M. Ancrenaz, dans la lagune de Conkouati.

Le 28 août, la translocation, immortalisée par le film de XL productions "la maison des singes", a eu lieu. 

Novembre 1996, premier relâcher. Des noms encore...Dr Caroline Tutin, Jean Noel Chabeuf (administrateur du don banque mondiale)…

Les relâchers se poursuivent. Le braconnage aussi. Les crocs en jambe également. Les français n'étaient pas les bienvenus dans ce milieu de grands singes. Et pourtant...HELP a fait école. Que de bénévoles venus faire leurs premières armes chez nous ont trouvé un avenir dans la Conservation !

HELP a évolué. Démarré pour les chimpanzés, nous avons rapidement axé notre action, dès les années 90 sur la sensibilisation, l'écotourisme et le reboisement.
Notre devise est : Nous ne les sauverons pas si la forêt se meurt.

M. Ancrenaz m'avait dit lorsqu'il m'a connu : « Pose toi la question de savoir pourquoi le problème chimpanzé existe. »

Ce qui m'a conduit bien avant que le concept ne naisse à faire le maximum pour éviter aux populations de rentrer en forêt et démarrer le reboisement autour du sanctuaire 
... d'où notre 2ème devise : « le développement durable passe par le reboisement. »

Pour tous ceux qui m'ont connu et qui pensent encore à moi, envoyez moi de vos nouvelles, vous qui êtes aux USA, en Angleterre, de partout dans le monde.
Je ne vous ai pas oublié, vous faites partie de ma vie avec les chimpanzés.

Pour que survivent tous les animaux en voie de disparition, ne baissons pas les bras, groupons nous dans une chaine ininterrompue autour de la terre, puisque nous les aimons.

 

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