Nous ne le répèterons jamais assez : La lutte contre le braconnage des espèces protégées ne peut passer que par l’application de peines réellement dissuasives. L’exemple qui suit démontre que la législation en cours n’est pas adaptée au but recherché. Les peines encourues face aux profits considérables générés par ces activités criminelles auraient plutôt tendance à être incitatives. On constate en effet que les délinquants reprennent leurs méfaits sitôt leur peine purgée.

Trois braconniers vont comparaître à Ouesso (nord du Congo) le 17 octobre

À la tête de ce réseau de braconniers, un sujet tchadien, Abdoulaye Mahamat. Il est détenu à la maison d’arrêt de Ouesso, dans la Sangha, avec ses acolytes.  Leur jugement aura lieu au tribunal d’instance de cette localité, le 17 octobre prochain.

Ces braconniers ont été arrêtés pour possession d’une arme de guerre et de seize pointes d’ivoire ainsi que l’abattage de huit éléphants dans la périphérie de Pokola, dans le département de la Sangha. Ce réseau de braconniers, dirigé par Abdoulaye Mahamat, un expatrié Tchadien, a été détecté et interpellé au terme d’une perquisition faite parles services de police en collaboration avec le Projet d’Appui à l’Application de la loi sur la Faune sauvage(Palf). Lors des investigations effectuées au domicile du commanditaire, la police a saisi quatre pointes d’ivoire et une peau de panthère. Déjà en 2011, ce braconnier avait été poursuivi pour détention illégale et commercialisation de pointes d’ivoire. Il avait été condamné à dix-huit mois de prison assortis d’une amende d’un million FCFA ainsi que des dommages et intérêts d’une valeur de 200 000 FCFA. (Total 1830€)

«Nous ne cessons de le répéter à l'intention des Congolais, mais aussi des étrangers vivant dans le pays : la détention de trophées issus des différentes espèces animales bénéficiant d’une entière protection, abattus illégalement, et la capture de  ces animaux, sont strictement prohibés. Des lois et des règlements interdisant, à qui que ce soit, ce genre d’infractions existent dans le pays. Voilà pourquoi tous ceux qui pèchent par ignorance ou qui se comporter en hors la loi ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes une fois pris dans les filets des services de répression habilités. Toutes les personnes qui commettent inlassablement des actes de délinquance faunique doivent être traînées en justice et condamnées à de lourdes peines», rappelle le projet Palf qui œuvre au Congo depuis 2008.

Trop de menaces pèsent sur les animaux sauvages, et le risque de disparition auquel sont exposées certaines espèces est évident. Le ministère de l’Économie forestière et du Développement durable ne cesse de renforcer les activités des ONG et autres OSC œuvrant pour la gestion rationnelle de la faune et de la flore ainsi que dans le domaine de la protection et de la lutte contre la délinquance faunique. Cette politique du ministère vise à mettre un terme aux réseaux mafieux qui entretiennent de nombreux circuits de commercialisation d'animaux sauvages, de viande de chasse et de trophées de tout genre récoltés après abattage des animaux  y compris les espèces intégralement protégées.

Le projet Palf est un projet commun au ministère de l’Économie forestière et du Développement durable et à deux ONG internationales, WCS (Wildlife Conservation Society) et TAF (The Aspinall Foundation).

Fortuné Ibara

In "Les Dépêches de Brazzaville" N°1822 du 12 septembre2013