On l'appelle blatte américaine (Periplaneta americana), elle est pourtant originaire d'Afrique tropicale...

Le cafard, ou blatte, ou cancrelat, se retrouve principalement dans les cuisines où il se nourrit de déchets, de restes, mais aussi de provisions. Il aime la chaleur et l'humidité, rien d'étonnant donc à le retrouver à Conkouati !
Et la première règle que vous apprendrez en venant à Conkouati est de ne rien laisser trainer sous peine d'attirer blattes, fourmis, souris et autres petits êtres dont vous préférerez sans doute éviter la compagnie !
Pourtant, tout n'est pas noir chez le cafard. On dit de ces animaux qu'ils sont synanthropes : là, c'est pour vous démontrer que vous pouvez les aimer puisqu'ils vous rendent service ! Eh oui, après tout voilà un éboueur bien pratique !

 

Un cafard au sanctuaire...

 

Les Blattes comprennent quelques 4000 espèces réparties dans le monde entier, elles sont apparues il y a 400 millions d'années.
Ce sont des insectes assez grands, pouvant atteindre plusieurs centimètres (3 à 5 cm), au corps ovale allongé, aplati dorso-ventralement, doté de téguments à la fois lisses et souples. La tête porte de longues et fines antennes, les pièces buccales sont de type broyeur. À l'extrémité postérieure de l'abdomen, on trouve deux appendices sensoriels : les cerques. Les blattes visibles à Conkouati portent 2 paires d'ailes mais se déplacent généralement en courant (très vite !) sur le sol ou le long des meubles. Une de leurs caractéristiques est en effet la recherche du contact (thygmotactisme), d'où leur propension à suivre le contour des obstacles, ou encore à s'insinuer dans les moindres fissures, fentes, ou interstices.
Une chance pour vous : les blattes préfèrent l'obscurité et vous ne les apercevrez souvent qu'à votre arrivée très matinale dans la cuisine où l'apparition de la lumière les fera fuir rapidement. Cachées dans les recoins obscurs, elles sortent le soir et la nuit pour se nourrir.

 

... et Gaspard, un cafard du triangle, surnommé ainsi par Lucie (la vétérinaire)

Tous les stades sont omnivores et les larves aussi voraces que les adultes. La blatte est un insecte hémimétabole, c'est-à-dire sans stade immobile entre la larve et l'adulte. Il n'y a pas de métamorphose visible. A l'exception des ailes qui sont absentes dans les premiers stades de développement, les larves ressemblent à l'adulte et la croissance est progressive.
Les blattes sont ovipares. La femelle de la blatte américaine place ses œufs – 12 à 16 en moyenne – dans une espèce de capsule rigide et carénée, l’oothèque. Une dizaine de jours après l’accouplement, cette oothèque se forme petit à petit à l’arrière du corps de la femelle en 24 heures environ. Chaque oothèque reste « accrochée » à la femelle pendant plusieurs jours. Il est donc possible d’apercevoir des femelles avec cette espèce de capsule dépassant à l’arrière de leur corps. Ensuite, l’oothèque est déposée dans une cavité et les jeunes en sortent à la recherche de nourriture, restant parfois quelque temps près de leur mère et se protégeant sous ses ailes. Une femelle produit 12 à 30 poches, mises en sécurité dans des cachettes diverses. L'éclosion des larves a lieu 1 à 3 mois plus tard. Le développement de l'oeuf au cafard adulte prend environ 24 à 28 semaines. Elles passent par 7 mues avant d'atteindre le stade adulte.

Les blattes sont des insectes grégaires. La production d'une phéromone d'agrégation (substance odorante) les incite à se regrouper. Si vous en voyez une courir sur le plancher du bungalow, il est donc certain que la cuisine abrite un petit groupe de type familial, groupes qui peuvent se rassembler pour former de grandes communautés de plusieurs centaines ou milliers d'individus, cependant tous autonomes.

Les blattes sont très résistantes et peuvent rester un mois sans manger ni boire et une blatte décapitée peut survivre plusieurs semaines : abandonnez donc l'idée de la machette !
Ses prédateurs naturels sont le scutigère véloce (mille-pattes), certaines guêpes (Ampulicidae ou « guêpes des cafards »), ou les Evanioidea, hyménoptères qui parasitent les œufs, abondants sous les tropiques.

 

Scutigère Véloce

 


Mais le meilleur moyen d'éviter les cafards, vous l'avez compris, est d'éviter tout ce qui est négligé et sale !

Avis aux bénévoles :
- Nettoyez régulièrement les sols, les meubles, les étagères (sans oublier les dessous et les recoins !)
- Balayez le sol tous les jours et après les repas pour en supprimer les miettes, et éviter d'y laisser traîner des zones grasses
- Nettoyer la vaisselle en flux tendu (évier toujours propre, et si possible sec), éviter toute goutte ou présence d'eau
- Conditionner les aliments sous boite plastique hermétiquement fermée ou bocal en verre
- Ne pas laisser de cadavre de blatte traîner, ne pas les jeter non plus dans la poubelle : des œufs peuvent éclore. Jeter les cadavres au feu.
- Eliminez les ordures tous les jours

 

Pour s'en débarrasser de façon "biologique" (sans insecticides), vous pouvez utiliser les pièges collants du commerce. Utilisez le plus de pièges possibles pour un maximum de réussite.
Prenez des boîtes de conserve et badigeonnez l’intérieur avec de la vaseline (ou de l’huile de sardines !) pour empêcher les blattes de s’en échapper, et placez des aliments au fond (pain humide ou banane). Tuez les blattes capturées en les noyant dans de l’eau savonneuse.
Une autre recette mériterait d'être essayée car apparemment efficace : Il suffit de mélanger du lait concentré sucré (en tube) avec de l'acide borique en poudre, d'en faire une pâte que vous divisez en petites boulettes que vous déposez dans les recoins de la cuisine. Il parait que c'est redoutable. Renouveler l'opération 3 semaines plus tard pour détruire la deuxième génération et une troisième fois si nécessaire pour d’autres générations de larves. L'acide borique se présente sous la forme d'une poudre blanche vendue en pharmacie. Très peu cher, ce produit est connu pour ses propriétés anti-transpirantes et anti-odeurs ..... d'où son utilisation pour les pieds (et les baskets) !

 

Mais de toute façon, pas d'inquiétude... les blattes n'ont jamais dévoré de bénévoles !

Et il ne faut pas oublier que les blattes font intégralement partie de la chaîne alimentaire. Elles sont indispensables à l’équilibre des forêts.

 

 

Sources

http://www.insectes.org/insectes/questions-reponses.html?id_quest=170

http://www.insectes-net.fr/blattes/bla2.html

 

 

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