Nous, les humains, sommes souvent appelés “singes nus”. cela pourrait sembler être un surnom mérité, après tout, il nous manque les manteaux de poils luxuriants que les chimpanzés, les bonobos et les gorilles ont en abondance. Mais nous ne sommes pas nus. Nous avons en fait la même densité de poils que les autres grands singes de notre taille, mais la nôtre est en grande partie fine et incolore, plutôt qu’épaisse et sombre. Nous sommes revêtus d’une couche de poils courts et fins, une légère pilosité connut sous le nom de duvet.

De nombreux scientifiques ont spéculé sur les raisons pour lesquelles, nous humain, avons perdu une épaisse couche de poils. Mais très peu d’entre eux ont offert des réponses à une question aussi mystérieuse : pourquoi avons-nous gardé notre duvet ? Les poils fins ne sont pas très performants pour préserver la chaleur du corps et ils ne nous rendent pas plus ou moins attirantes sexuellement. Ils ressemblent aux résultats d’une évolution à moitié finie qui nous conduirait à devenir strictement imberbes. Certains ont suggéré qu’ils n’ont aucun rôle du tout.

Mais Isabelle Doyen et Michael Siva-Jothy de l’Université de Sheffield ont une réponse intrigante possible : ils pensent que les poils nous aident à repérer les parasites.

Le duo a recruté 29 étudiants bénévoles et a dessiné un rectangle de vaseline sur leurs deux avant-bras, après en avoir rasé un seul. Pendant que les volontaires détournaient les yeux, Dean et Siva-Jothy ont placé une punaise de lit (Cimex lectularius, avec son joli portrait en image d’entête) dans les rectangles. Ils ont attendu que l’insecte ait commencé à étendre son museau suceurs de sang avant de le mettre hors d’état de nuire. Ils ont dû intervenir plus rapidement si les bras étaient rasés. Avec duvet, les punaises ont pris entre 22 et 26 secondes pour trouver un bon endroit. Sans les poils, ils ont cherché pendant seulement 18-19 secondes.

Les étudiants ont également trouvé/senti l’insecte plus rapidement lorsque les poils étaient présents. Ils ont dû utiliser un appareil à décompte (clicker) à chaque fois qu’ils sentaient quelque chose grouiller et ils l’ont fait deux fois plus souvent sur le bras poilu que sur celui rasé. Et plus poilus ils étaient, mieux ils détectaient les insectes. Ces résultats montrent que le duvet facilite la détection des parasites sur la peau, tout en rendant plus difficile aux parasites d’y commencer à festoyer.

"Ceci est un document d’introduction”, a déclaré Mark Pagel, qui étudie l’évolution humaine à l’Université de Reading. En 2003, Pagel et Walter Bodmer ont promu une hypothèse centenaire dans un document intitulé simplement: “Un singe nu a moins de parasites". Les premiers humains ont probablement vécu dans de grands groupes au sein d’une base fixe, ce qui aurait rendu l’endroit idéal pour le rassemblement, la reproduction, la propagation des parasites. (Cela ne peut pas être une coïncidence que les humains soient la seule espèce de primate à souffrir des puces) Nous nous sommes adaptés en perdant nos poils épais, notre duvet plus fin non seulement peut contenir moins de parasites, mais rend les traînards faciles à trouver.

Pagel dit : "Ce nouveau document soutient notre idée que nous avons perdu nos poils imposants, car ils offrent un refuge pour les ectoparasites (ceux qui vivent sur la peau). En utilisant le même volontaire dans les deux conditions, les auteurs ont contrôlé les différences individuelles qui pourraient affecter les résultats. "Markus Rantala, un spécialiste des parasites de l’Université de Turku en Finlande, a plaidé pour la même hypothèse : “Je me suis souvent demandé pourquoi nous avons encore des poils fins sur nos jambes et les bras. Cette étude fournit une bonne explication. "

Dean et Siva-Jothy suggèrent que la perte de poiles a aidé à réduire les risques de parasites, mais que la perte totale aurait fait qu’empirer les choses. Il y a une longueur optimale du duvet où les parasites sont les plus faciles à repérer et nous pourrions l’avoir atteint.

Évidemment, cela est loin d’être la seule raison pour laquelle les humains ont perdu leurs épais poils. Darwin a suggéré que les humains velus auraient risqué la surchauffe dans la savane africaine et la peau nue se refroidit plus facilement à travers la transpiration. Il a également suggéré que l’alopécie aurait pu rendre nos ancêtres sexuellement plus attractifs. Ces idées pourraient coexister avec l’idée que la nécessité d’éviter les piqûres de parasites a aidé à conduire l’évolution vers un singe demi-nu.

L’étude publiée dans son intégralité sur biology letters de la royal society : Human fine body hair enhances ectoparasite detection.

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