Le mandrill est un primate qui s’apparente au babouin. Malgré son pelage qui peut être gris, vert olive ou noir, sauf sur la partie ventrale où il est blanc, c’est probablement le singe le plus coloré. Il possède une face glabre avec un long museau muni de canines longues et puissantes. Une bande rouge le colore en son milieu sur toute la longueur et des excroissances en forme de crêtes decouleur bleue apparaissent sur les babines. Une barbe jaune ou beige orne sa gorge et ses joues. Les narines et les lèvres sont rouges. La culotte et les fesses sont également très colorées de bleu, de rose, de rouge et de violet, et les callosités ischiatiques sont rose également. Ces coloris sont plus prononcés chez le mâle adulte. La queue du mandrill est courte et n’excède pas une dizaine de cm. Le drill, appartenant au genre Mandrillus et dont il existe deux sous-espèces, est légèrement plus petit et ne présente pas la face colorée de son cousin. 

Mandrill mâle
Mandrill mâle. © Robert Young, CC by 2.0

Habitat du mandrill

Le mandrill est une espèce forestière que l’on trouve principalement dans les forêts tropicales du Cameroun dans le secteur du rio Muni et du Gabon, mais également en Guinée équatoriale, en République démocratique du Congo et au Nigeria. Il lui arrive d’effectuer des incursions dans la savane et dans les plantations qu’il peut ravager. Le fleuve Sanaga au nord, les fleuves d’Ogooué et de l’Ivindo à l’est, séparent l’espèce en deux populations distinctes qui semblent génétiquement différentes.

Comportement du mandrill

Le mandrill est un primate social et nomade. Il vit en hordes familiales de tailles variables, généralement de 15 à 95 individus, composés d’un ou plusieurs mâles, de femelles et de jeunes. Dans les grands groupes formés de plusieurs mâles, la hiérarchie est très organisée.

Le singe marche sur les doigts des quatre membres sans poser au sol la paume des mains ou la plante des pieds. Il passe le plus clair de son temps au sol, mais sait grimper aux arbres dans lesquels il cherche sa nourriture et pour y dormir. Dans les branches il progresse par sauts latéraux. Ses activités sont principalement diurnes. Il ne possède que peu de prédateurs dont l’aigle couronné et le python, mais parmi eux l’on trouve le léopard qui s’en prend surtout aux juvéniles. Le fauve ne risquerait pas de s’attaquer à un mâle adulte dont les canines sont aussi impressionnantes que les siennes.

Les vocalisations varient selon le sexe. Les femelles et les jeunes poussent des cris perçants, tandis que les mâles émettent des grondements sonores. D’autres sons ressemblent à des grincements de dents qui sont émis lors de situations tendues, des grognements doux et rapides dans les cas d’alarme, et bien d’autres encore. L’épouillage contribue au renforcement du lien social et à faire retomber le stress. Le mandrill possède également des glandes sternales qui sont utilisées pour la communication olfactive et le marquage du territoire. La communication visuelle est importante également car elle sert, lors de bâillements exagérés, à présenter les canines à un intrus ou à un prédateur. De nombreuses autres postures et mimiques émaillent le comportement social du primate.  


Mandrill mâle juvénile. © Pkuczynski, GNU FDL Version 1.2

Reproduction du mandrill

Le mâle atteint sa maturité sexuelle entre 4 et 5 ans, et entre 3 et 4 ans pour la femelle. Mais le mâle ne commence à se reproduire que vers dix ans. La période de reproduction s’étale de juin à octobre pendant la saison sèche, et n’a lieu que tous les deux ans. La femelle met au monde un seul jeune au terme d’une gestation de 175 jours en moyenne. Le juvénile est sevré au bout d’une année durant laquelle il ne quitte pratiquement pas sa mère, à qui il s’agrippe lors des déplacements.


Femelle mandrill et son petit. © Aiwok, GNU FDL Version 1.2

Régime alimentaire du mandrill

Le régime du mandrill est omnivore. S’il se nourrit surtout de fruits, de noix, de pousses et de feuilles d’une centaine d’espèces de plantes différentes. Mais il mange également des champignons, des insectes et des escargots, des crustacés, des œufs et des petits reptiles. La taille de ses canines le désigne comme consommateur d’oiseaux et de mammifères tels que rats, hérissons et petites antilopes comme les céphalophes. Il fourrage de plus en plus fréquemment dans les cultures qui empiètent sur son habitat d’origine.

Mandrill dégustant une fleur
Mandrill dégustant une fleur. © Mila, GNU FDL Version 1.2

Menaces sur le mandrill

Le mandrill est principalement menacé par la chasse, l’extension des cultures et la disparition de son habitat originel de façon plus large, consécutive à la déforestation. Il est menacé de disparition. 

Statut de conservation UICN : VU Vulnérable

Ci-dessous, quelques parc nationaux ou réserves où l’on peut observer des mandrills.


République du Congo :

  • parc national de Conkouati Douli ;
  • parc national d'Odzala Kokoua.

Gabon :

  • parc national de la Lopé (C’est dans ce parc que le plus grand groupe jamais recensé de mandrills à été observé en 1996. Il était composé de 1350 individus. Hormis l’homme, il s’agit là du plus grand rassemblement connu de primates) ;
  • parc national de la Lékédi ;
  • parc national des Monts de Cristal ;
  • parc national de Wonga Wongue ;
  • parc national de l'Ivindo ;
  • parc national de Loango.

Cameroun :

  • parc national de Campo Ma'an ;
  • parc national de Korup ;
République démocratique du Congo ;
  • parc national de Mayumba ;
  • parc national de Garanba ;
  • parc national d'Upemba ;
  • parc national des Virunga ;
  • parc national de Kahuzi Biega ;
  • parc national de la Salonga ;

Guinée équatoriale :

  • parc national de Monte Alen.

Photo d'un mandrill. © matt sabbath, CC by 2.0

 

Mandrill  (Linnaeus 1758) - Mandrillus sphinx

  • Ordre : Primates
  • Famille : Cercopithecidae
  • Sous-famille : Cercopithecinae
  • Genre : Mandrillus
  • Taille : 0,60 à 0,80 m 
  • Poids : 20 à 50 kg
  • Longévité : 25 à 30 ans

 


 

Jeune mandrill rescapée

25 juin 2013, 

HELP Congo, ce n'est pas seulement les chimpanzés...

Début Mai.

Un matin.

Un appel. "Des amis ont un bébé chimpanzé et ne savent pas quoi en faire".

Nous appelons les autorités en vigueur en ce qui concerne les saisies...

Début de soirée.

Nous sommes au centre de HELP à Pointe-Noire, nous attendons le nouveau venu, nous demandant où nous allons l’installer à Conkouati… Lorsque la porte s’ouvre, c'est une petite femelle Mandrill qui fait son apparition ! Complètement à son aise, elle commence à faire le tour du propriétaire !

La mandrill aurait été donnée aux gens sur le bord d’une route… Mais vu son aise au milieu de tous ces humains, il est clair qu’elle les côtoie depuis un certain temps… et ses goûts alimentaires nous le confirment… La vue d'un bout de pain ou d’un sandwich au poulet l’excite comme une puce.

Nous gardons notre rescapée une dizaine de jours à Pointe Noire, lui administrons un vermifuge et un traitement contre les poux.

Fin Mai.

Départ pour Conkouati.

La mandrill arrive au Triangle où plusieurs groupes de mandrills sont observés depuis quelques temps.

L’air pur de la forêt semble lui convenir et dès le lendemain de son arrivée elle s’évade, pour être retrouvée non loin de nos chimpanzés qui la regardent avec des yeux médusés.

Elle se balade toute la journée en forêt, appréciant grandement la présence humaine.

Un mandrill qui saute à l’eau et nage ?? Ça existe !! Notre invitée perd un peu pied au milieu de la rivière et accepte finalement de monter dans un canoë pour finir le trajet !!!

Les jours suivants, la mandrill est accompagnée en forêt toute la journée, elle commence à apprécier les tiges, feuilles et fruits de la foret mais reste attachée à ses suiveurs.

Puis un matin...

Elle nous fausse compagnie…

Il est fort probable qu’elle ait pris son courage à deux mains, à la recherche de ses congénères.

Une belle aventure pour nous !

Notre pensionnaire avant la réintroduction au TriangleCrédit photo: F. Vernadat-HELP Congo

Notre pensionnaire avant la réintroduction au Triangle Crédit photo: F. Vernadat-HELP Congo