Damas* nous raconte ses aventures…

 

« C’était au mois de mars 2013. Je suivais Louzolo avec Samy*. Louzolo était tout juste derrière notre camp, mangeant des Marantacées dans une zone bien fermée.

Tout d’abord nous n’étions pas vraiment derrière lui, attendant à l’extérieur de ce labyrinthe puis, voyant qu’il allait probablement passer l’après-midi là, nous nous sommes tout de même enfouis dans la végétation, afin de pouvoir prendre quelques données.

Tout a commencé par des bruits semblables à des pas devant nous. Louzolo n’avait pas peur et allait même dans la direction du son. Nous ne nous sommes pas trop inquiétés, pensant à quelque petit animal. Les écureuils parfois font un boucan d’enfer, on ne croirait pas !!

Mais il est vrai que se retrouver devant un éléphant dans une zone aussi fermée ne fait pas partie de nos plus grands désirs… Nous continuons à progresser lorsque Louzolo se met à tracer, filant devant nous. Nous perdons alors son contact visuel.

Pendant ce temps, le bruit semble se déplacer… derrière nous désormais… étrange.

Nous commençons à hâter le pas puis nous entendons résonner dans nos oreilles un display de gorille…

Se sentant menacé, celui-ci commence à vouloir intimider les poursuivants… mais il ne sait pas encore qui nous sommes car la végétation est dense que l’on n’y voit pas à plus de 3 mètres.

Finalement, nous l’entendons se rapprocher de plus en plus vite derrière nous. Nous courons aussi vite que cela est possible. Samy est devant et prend de l’avance sur moi qui porte tout le matériel de radiotélémétrie… ces fichus câbles d’écouteurs et d’antennes ne font que s’accrocher aux herbes et je tombe à deux reprises. Nous sommes obligés de passer à quatre pattes dans certaines zones.

Mais je ne comprends que trop bien que je ne pourrais pas aller plus vite que le gorille, qui se rapproche de plus en plus. Et je sais au fond de moi que plus je fuis, plus il va continuer à nous pourchasser.

Alors, je m’arrête. Et j’attends. Cela dura quelques secondes. Au détour d’un petit virage, un énorme dos argenté déboule devant moi. Dressé, il me fait face, nous ne sommes séparés que de 2-3m maximum. Je suis pétrifié.

 

               

 

Lorsqu’il réalise que je ne suis « qu’un homme »… il fait demi tour… et s’en va.

Heureusement que je suis juste derrière le camp et que je n’ai pas beaucoup de kilomètres à parcourir car j’ai les jambes en coton…

Une fois au camp, Ulrich* qui était là me raconte qu’il a presque tout suivi « de loin », entendant les displays du gorille, le bruit de la course poursuite, se doutant que quelque chose était en train de se passer !!

Une chose est sûre, depuis ce jour, je sais que les gorilles sont très impressionnants mais pacifiques et surtout que je ne remettrai plus les pieds dans cette forêt de Marantacées !!! ».

 

Damas.

 

 

* Damas, Samy et Ulrich sont des travailleurs à HELP CONGO.

 

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