Raconté par Marianne Jounieaux, bénévole.

 

Tout était prêt, Lucie avait déjà préparé tout le programme de la semaine, elle m’avait rafraichi la mémoire pour ce qui est de rentrer les données GPS sur l’ordinateur, elle avait fait avec moi le ravitaillement des travailleurs la semaine d’avant, elle m’avait laissé un mot pour me rappeler de leur donner les boîtes en fin de semaine et de garder les clefs avec moi le soir, et pourtant, quand elle est partie pour 4 jours à Pointe Noire, toute la responsabilité du chef de camp est tombée sur mes épaules !

Bon, en fait ce n’était pas si terrible et tout s’est bien passé, mais c’est juste tout plein de petits détails à gérer, auxquels il faut penser, et aussi beaucoup de temps pour tout préparer, tout organiser, pour que les journées tournent sans problème. Il y a les piles et les ordinateurs à charger, la température à prendre le matin, le midi et le soir, le pluviomètre à surveiller, l’eau à pomper, les repas à préparer, les données à rentrer, le groupe à allumer, les fichiers quotidiens à remplir, et il faut aussi s’occuper du ravitaillement, faire tremper les torchons, remplir les filtres, faire la guerre aux cafards et aux souris, et tenter de tenir le camp à peu près propre. Pas de grandes choses, mais l’accumulation est assez fatigante ! Avec tout ça, je n’ai même pas eu le temps de me sentir seule ! Il faut dire aussi qu’on passait au moins une heure chaque soir avec Damas pour qu’il apprenne à rentrer lui-même les données de comportement.

En tout cas je suis vraiment heureuse que Lucie ait eu suffisamment confiance en moi pour me laisser le camp pour ces quelques jours, car cela m’a donné l’occasion de voir à quel point le rôle de chef de camp peut être stressant et fatigant, et en même temps de voir que je suis capable de le tenir, ne serait-ce qu’à moitié. Et pour les jours qu’il me reste à passer ici, je vais essayer de l’assister davantage dans toutes ces petites tâches de chef de camp, dont on n’a pas vraiment conscience quand on est bénévole.

 

Bon d’accord, j’avais un secret pour pouvoir tenir le rôle de Lucie, j’avais hérité de ses vieilles Crocs vertes !!!

 

Marianne.

 

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