Ce matin, après avoir soigneusement relevé la température extérieure, je pénètre dans le bureau où je découvre à la lueur de ma lampe frontale quelques feuilles de papier éparses à terre, provenant des étagères situées au dessus de la table. Puisqu’aucune tempête n’avait agité cette nuit les tôles des toits des bungalows du camp, je les ramasse me disant que peut-être les avait déposées là le mouvement d’air provoqué par le suaire d’un de ces fantômes de sorciers africains dont les histoires agrémentent parfois nos soirées avec les travailleurs. Je prends un stylo et m’apprête à noter la température relevée : oh, stupeur ! La feuille de notes de février s’est volatilisée ! Il ne reste plus à la place dans le carton que les feuilles blanches des mois suivants. Je retourne le paquet, feuillette page après page, regarde autour de moi : rien !

C’est donc certain maintenant : la mission de la journée va être de chercher et trouver le nid de souris où doit se trouver ma feuille soigneusement déchiquetée pour accueillir la future portée…

Bingo ! Après des recherches approfondies ne laissant aucun coin et aucune boite du bureau non inspectés, je trouve enfin le nid : Tiens, c’est vrai, le sac du poncho qui trainait hier encore sur la table avait aussi disparu… et voilà donc mes morceaux de feuilles formant un nid bien douillet prêt à accueillir de nombreux souriceaux. Reste maintenant à reconstituer le puzzle !

Mais  les souriceaux ne sont pas encore nés, et Mère Souris a, sitôt le nid éventé, filé à l’anglaise dans le bureau où la course poursuite d’un coin à l’autre n’a pu malheureusement la faire sortir de sa cachette. Quelques feuilles disparaitront donc sans doute à nouveau la nuit prochaine et il faudra recommencer la chasse à la souris demain !