On peut dire que pour ma dernière sortie marécage, j'ai été gâtée !! Lucie nous a envoyé sur R5 pour faire de la botanique avec Landry et Bosco, dans les pires marécages du Triangle, après un énorme orage, donc autant dire que c'était plein d'eau.

L'aventure n'a pas tardé à commencer, car on n'était pas encore arrivé sur R5 qu'on avait déjà les bottes remplies d'eau. Ça s'est vite gâté lorsque j'ai voulu passer sur un tronc penché en travers de l'eau pour éviter de me mouiller tout de suite jusqu'au ventre. Il faut croire que je suis passée juste en dessous d'une grosse fourmilière, parce qu'en retrouvant la terre ferme, ma chemise était littéralement noire de fourmis !! Panique, et Bosco qui rigole en me disant que ce n'est pas grave, vu que c'est sûrement la dernière fois que je me fais mordre...Et oui, bien sûr, ces fichues fourmis mordaient comme des manians (c'était peut être bien des manians d'ailleurs, ces fourmis connues pour leurs immenses mandibules), et ça me piquait de partout. Je pense qu'il m'a bien fallu une heure pour les enlever toutes !

 

 

Ensuite, on est arrivé sur R5, après une bonne marche, pour commencer la botanique. Tout allait bien jusqu'à ce qu'on arrive aux marécages proprement dits, avec de l'eau à hauteur de poitrine. Commence alors une sorte de danse assez grotesque, avec les bras en l'air, le GPS, le marqueur et les piles dans les mains, pendant que les jambes avancent comme elles le peuvent dans un mélange d'eau, de boue, de tiges et de feuilles mortes. Autant dire que c'était compliqué, mais qu'est ce qu'on a ri ! Bosco disait en rigolant qu'il allait faire exprès de mettre les banderoles sur les passages pleins de trous, parce qu'il n'y a aucune raison que les prochains n'en bavent pas autant que nous...

 

 

Après tant de fous rires et de boue, nous sommes enfin sortis du marécage, tout de même un peu épuisés. Mais là, horreur, en enlevant nos bottes pour en retirer l'eau, on réalise qu'on a chacun des sangsues dans nos chaussettes !! Je n'en avais encore jamais eu, mais là j'ai été servie. L'une d'elles s'est collée à ma taille et m'a mordue avant que je n'arrive à la faire partir. Comme je préférais attendre d'être au camp pour la retirer, histoire de ne pas trop saigner en forêt, j'ai attendu un moment avec la bestiole sur la peau, ce qui n'était pas très agréable. Finalement, la sangsue s'est décrochée toute seule, et je ne l'ai remarqué qu'à cause des tâches rondes de sang sur ma chemise. An final, je n'ai pas saigné tant que ça, et la fin de la balade s'est déroulée sans problème.

Arrivée au camp, j'étais bien fatiguée, ma chemise était tâchée de sang comme si j'avais fait la guerre, j'avais une belle morsure de sangsue à la taille et encore une ou deux fourmis dans les cheveux, mais j'étais heureuse d'avoir vécu cette aventure avant de dire au revoir à la forêt et de rentrer en France.

 

Marianne, bénévole HELP CONGO de août 2013 à mai 2014.

 

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