Je me rappelle de mes premiers mois sur le site du Triangle et de mes premiers pas dans cette immense et merveilleuse forêt tropicale. Tout vous parait si nouveau, si incroyable, et il y a des tas d'informations insolites que le cerveau doit apprendre à compter parmi ses priorités, comme par exemple déceler le grondement d'un éléphant, se familiariser avec l'odeur des Mandrills, repérer les épines des Ancistrophyllum, et les dangereuses lianes à feu, reconnaître les layons, apprendre à utiliser la boussole, la carte et se dépatouiller avec la radio... Autant dire que ça fait beaucoup au début !

Et le plus drôle, c'est quand vous vous retrouvez à deux débutants, et que vous devez jouer à cache-cache avec Louzolo, notre mâle relâché, sur les crêtes. C'est ce qui m'est arrivé avec Claude, un travailleur qui n'était pas sur le site depuis très longtemps et ne connaissait donc pas parfaitement tous les coins et recoins de cette zone dangereuse que sont les crêtes.

En effet, cet endroit est l'un des seuls qui soit plutôt vallonné dans toute notre ère de prospection. Le problème de ces collines, c'est que les ondes radio ne s'y déplacent pas tout à fait normalement, et que les bips font à peu près n'importe quoi, ce qui est assez déstabilisant quand on n'a pas l'habitude du phénomène. Du coup, on s'est vite retrouvé à faire des ronds autour d'un point qui nous semblait inaccessible, au creux des crêtes, suivant aveuglement les bips de la radio, qui nous faisaient littéralement tourner en bourrique.

On montait une crête, on suivait le bip jusqu'en bas, et puis il nous redonnait en arrière et on remontait, ainsi de suite d'environ 15h à 17h30...

 

 

Au bout d'un moment, ne voulant pas prendre le risque de nous aventurer hors layon et n'ayant toujours pas vu notre Louzolo, nous avons décidé de retourner au camp chercher Marc, le vétérinaire et chef de camp. Ce n'est jamais agréable de demander à quelqu'un de retrouver un chimpanzé en pleine forêt à 18h, alors que le soir tombe, mais nous n'avions pas vraiment le choix.

Demi tour donc, Claude et moi suivant Marc, pour une énième montée des crêtes. Et là, l'expérience a fait ses preuves, car Marc a localisé Louzolo en deux coups de cuillère à pot. En réalité il était là où nous pensions qu'il devait être avec Claude, seulement aucun layon ne permet d’accéder à cette zone et nous ne nous sentions pas prêt à faire du hors piste.

Retour au camp un peu tard, mais rassurés, et obligés d'admettre que Claude et moi avions encore beaucoup à apprendre !!

 

Marianne, bénévole HELP CONGO de août 2013 à mai 2014.

 

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